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ISO/IEC 27001

Le cycle PDCA et la gestion des risques ISO 27001

La norme organise le SMSI selon un cycle en quatre phases : planifier, déployer, contrôler, améliorer. C'est ce cycle qui explique pourquoi la certification n'est jamais un aboutissement, mais un point d'entrée.

Au centre du cycle se trouve la gestion des risques. Tout ce que vous mettez en place doit découler d'un risque identifié.

Le cycle en un coup d'œil

PhaseClausesCe qui s'y faitCe qu'elle produit
Plan4, 5, 6Définir le contexte et le périmètre, obtenir l'engagement de la direction, apprécier les risques, choisir les traitements, fixer des objectifs mesurables.Périmètre · Politique de sécurité · Méthodologie de risque · Registre des risques · Plan de traitement · Déclaration d'applicabilité
Do7, 8Allouer les ressources, former, communiquer, mettre en œuvre les mesures et exploiter le système au quotidien.Preuves de compétence · Supports de sensibilisation · Mesures en service · Résultats des appréciations du risque
Check9Mesurer l'efficacité des mesures, auditer le système de l'intérieur, faire examiner les résultats par la direction.Indicateurs · Rapports d'audit interne · Compte rendu de revue de direction
Act10Traiter les non-conformités, en éliminer les causes, ajuster le système et relancer le cycle.Registre des non-conformités · Actions correctives · Preuves d'efficacité

Plan : poser les fondations

Tout commence par le contexte. Vous identifiez les enjeux internes et externes qui influent sur votre capacité à protéger l'information : votre secteur, vos obligations légales, votre dépendance à des fournisseurs, votre modèle de travail. Vous recensez ensuite vos parties intéressées et leurs exigences — clients, régulateurs, assureurs, employés.

Vient le périmètre, qui est la décision la plus structurante de toute la démarche. Il délimite ce que le certificat couvrira : quels sites, quelles activités, quels systèmes, quelles équipes.

La gestion des risques, cœur du dispositif

C'est la mécanique centrale de la norme. Le SMSI n'est pas une liste de bonnes pratiques à cocher, mais une réponse argumentée à une exposition mesurée. Elle se déroule en quatre temps.

Identifier

Vous recensez les risques susceptibles d'affecter la confidentialité, l'intégrité ou la disponibilité de votre information. La plupart des démarches partent d'un inventaire des actifs informationnels — bases de données, code source, dossiers clients, savoir-faire industriel — puis identifient pour chacun les menaces et les vulnérabilités.

La norme n'impose pas cette méthode. Elle exige seulement que le processus soit défini et produise des résultats cohérents. Chaque risque reçoit un propriétaire : une personne nommée, dotée de l'autorité pour décider de son traitement.

Analyser et évaluer

Chaque risque est analysé selon les conséquences de sa réalisation et sa vraisemblance, ce qui donne un niveau de risque. Une échelle qualitative à quatre ou cinq degrés suffit dans la grande majorité des cas.

Les risques sont ensuite comparés aux critères d'acceptation et hiérarchisés, ce qui détermine l'ordre de traitement.

Un point de méthode souvent négligé : les critères d'acceptation se fixent avant l'analyse, par la direction. Les fixer après revient à ajuster le seuil aux résultats obtenus, ce qu'un auditeur repère rapidement.

Traiter

Pour chaque risque dépassant le seuil d'acceptation, vous choisissez une option parmi quatre.

OptionPrincipeEn pratique
ModifierMettre en place ou renforcer des mesures pour réduire la vraisemblance ou l'impact.L'option la plus fréquente. C'est elle qui mobilise les mesures de l'Annexe A.
PartagerTransférer tout ou partie de la conséquence à un tiers.Assurance cyber, infogérance, clause contractuelle. La responsabilité réglementaire, elle, ne se transfère jamais.
ÉviterRenoncer à l'activité, à la technologie ou au marché qui génère le risque.Décision de direction, rarement du ressort du responsable sécurité seul.
AccepterConserver le risque en connaissance de cause, sans mesure supplémentaire.Doit être formellement accepté par le propriétaire du risque, et non subi par défaut. C'est ce que les auditeurs vérifient en priorité.

Les mesures retenues sont ensuite comparées à celles de l'Annexe A, afin de s'assurer qu'aucune mesure nécessaire n'a été omise. L'Annexe A fonctionne comme une liste de vérification, pas comme un catalogue à appliquer intégralement.

La Déclaration d'applicabilité

La Déclaration d'applicabilité, ou DdA, est le document le plus examiné de tout le dossier. Elle reprend les 93 mesures de l'Annexe A et indique pour chacune si elle est retenue ou écartée, pourquoi, et où elle en est de sa mise en œuvre.

Écarter une mesure est parfaitement légitime : une entreprise sans développement logiciel n'a pas d'usage du codage sécurisé. Ce qui ne l'est pas, c'est d'écarter une mesure sans justification rattachée à l'analyse de risque.

Suivre

L'appréciation des risques n'est pas un exercice unique. La norme impose de la refaire à intervalles planifiés et lorsque des changements significatifs surviennent : nouveau service, nouveau fournisseur critique, incident majeur, évolution réglementaire.

En pratique, un rythme annuel assorti de révisions déclenchées par événement satisfait l'exigence.

Do : déployer et faire fonctionner

Cette phase consiste à allouer les ressources, à s'assurer que les personnes disposent des compétences requises et à le prouver, à sensibiliser l'ensemble du personnel, et à organiser la communication interne et externe sur les sujets de sécurité.

La norme encadre aussi les informations documentées : elles doivent être identifiées, approuvées avant diffusion, protégées et maîtrisées dans leurs versions. C'est ici que se joue la différence entre une documentation vivante et une bibliothèque de fichiers obsolètes que personne ne consulte.

Check : mesurer et vérifier

Vous déterminez ce qui doit être surveillé et mesuré, par quelles méthodes, à quelle fréquence, par qui et quand les résultats seront analysés.

L'écueil habituel consiste à mesurer l'activité plutôt que l'efficacité. Le nombre de correctifs appliqués renseigne moins que le délai moyen de correction des vulnérabilités critiques.

L'audit interne vérifie que le SMSI est conforme à la norme et à vos propres exigences, et qu'il est effectivement mis en œuvre. Il doit être mené par des auditeurs objectifs : une personne ne peut pas auditer son propre travail. Une PME peut faire appel à un consultant externe ou à un collaborateur d'un autre service.

La revue de direction ferme la phase. Son ordre du jour est prescrit par la norme et couvre notamment l'état des actions précédentes, les évolutions du contexte, la performance mesurée, l'état des risques et les opportunités d'amélioration.

Act : corriger et améliorer

Face à une non-conformité, la norme impose une séquence précise : réagir pour la maîtriser, puis évaluer s'il faut éliminer sa cause, mettre en œuvre l'action correspondante et en vérifier l'efficacité.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il refaire l'appréciation des risques ?
La norme exige des intervalles planifiés, sans en fixer la durée. Un rythme annuel, complété par des révisions déclenchées par un changement significatif, répond à l'exigence dans la plupart des cas.
Faut-il une méthode quantitative pour évaluer les risques ?
Non. Une échelle qualitative à quatre ou cinq degrés suffit dans la grande majorité des cas. Les approches quantitatives ne s'imposent que dans des contextes particuliers.
Qu'est-ce qui distingue la Déclaration d'applicabilité du plan de traitement des risques ?
La Déclaration d'applicabilité dit quelles mesures s'appliquent et pourquoi. Le plan de traitement dit qui fait quoi, pour quand, sur les mesures qui restent à déployer. Les deux sont exigés.
Peut-on accepter un risque sans rien faire ?
Oui, si cette acceptation est formelle. Le propriétaire du risque doit l'accepter par écrit, en connaissance de cause. Ce qui n'est pas admis, c'est un risque subi par défaut, faute de décision.
Notre appréciation des risques ISO vaut-elle pour le CMMC ou le PCCC ?
Le processus se réutilise, les résultats aussi en grande partie. Les deux programmes de défense exigent une appréciation des risques et une réponse documentée, et votre méthodologie ISO y répond. Attention toutefois au périmètre : l'information contrôlée confiée par un donneur d'ordre peut ne pas figurer dans le périmètre de votre SMSI. Il faut alors l'y ajouter ou mener une appréciation dédiée.

L’accès est ouvert à toute entreprise immatriculée au Québec

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